Archive for septembre, 2009

Quand les faits divers font la une

Voici le lien de ma chronique publiée sur MSN.ca. Elle porte sur des faits divers qui ont horrifiés les Américains cette semaine.

Je serai assez tranquille sur mon blogue dans la prochaine semaine. C’est que nous quittons, Charles et moi, pour notre voyage de noces, finalement! Nous devions vivre cette magnifique croisière au Mexique début septembre mais un ouragan nous a empêché de quitter la terre ferme.

Reportée un mois plus tard, nous quittons dimanche pour une semaine.

Nous ramènerons des photos, promis… mais ne nous demandez pas de penser à vous… Nous retournons sur notre petit nuage de nouveaux mariées pour la semaine!

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Les feux toujours actifs

Il fait si chaud, j’ai peine à rester à l’extérieur. Vous direz que je ne fais pas pitié parce que l’air frais a déjà envahi le Québec mais quand le vent apporte l’air du désert et les températures atteignent 40 degrés Celsius et quand l’humidité est à peine perceptible, vous aussi vous diriez qu’il fait chaud.

D’ailleurs, laissez-moi vous expliquer ces fameux vents, les vents de Santa Ana. Ces vents prennent leur énergie dans le désert de Mojave au nord est de Los Angeles et descend vers le sud ouest, vers la côte. Lorsque ces vents arrivent dans les montagnes qui sillonnent la région de Los Angeles, ils se glissent dans les vallées et deviennent plus vigoureux puisqu’ils sont comprimés dans des couloirs. Ainsi, les bourrasques peuvent atteindre 90 km à l’heure. Et lorsqu’on sait que si on souffle sur un feu, ça l’attise et bien imaginez ce que peut faire ces vents sur un feu de broussailles. Ça fait un feu incontrôlable, ce qui est arrivé ici à Moorpark.

Le feu Guiberson semble moins menaçant ce matin. Il est maîtrisé à 75 % mais il brûle toujours dans les montagnes où se cache des ranchs et des plantations de citrons et d’avocats. Plus de 2600 pompiers travaillent à maîtriser ce feu, et 9 ont été blessés à cause de la chaleur. Je les vois en costume d’amiante à 40 degrés alors que j’ai de la misère à rester dehors pendant plus d’une heure… Ça doit être insupportable comme chaleur. Encore aujourd’hui, les hélicoptères rasent le ciel  de Moorpark pour s’approvisionner en eau dans le réservoir tout près de l’appartement.

Le feu a brûlé 70 km carrés jusqu’à maintenant, c’est 10 km carrés de plus que la superficie du parc du Mont-Orford…

La qualité de l’air est évidemment affectée malgré que les vents poussent la fumée vers la côte. Les couchers de soleil sont magnifiques puisque masqués par la fumée. Le filtre de la fumée fait ressortir les couleurs orangées…

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Violence conjugale… la suite

Parce que les événements se sont bousculés aujourd’hui… Vous avez été nombreux à réagir à cette histoire, c’est pourquoi je vous en donne des nouvelles.

Mercredi matin, 8h, un policier du comté de Ventura est venu nous parler. Il a dit que l’homme est recherché pour d’autres crimes, qu’il est dangereux. Le policier a donné sa carte, avec un numéro de cellulaire. Il nous a conseillé de l’appeler si jamais l’homme revenait dans les parages… pour notre sécurité.

Je dois avouer que depuis l’épisode que l’homme est entré dans l’appartement, je ne me sens pas nécessairement très en sécurité… Je barre mes portes, je sors de l’appartement avec précaution… bref, je crains de le voir revenir à la charge… vers moi cette fois-ci. Mais il semble que la police le cherche intensivement…

D’ailleurs, une autre bonne nouvelle… les services à l’enfance s’intéresse finalement à cette histoire. J’ai parlé à un détective aujourd’hui qui s’inquiète du sort des enfants. J’ai raconté tout ce que je savais et mes impressions. Il m’a promis que du support psychologique sera disponible pour les enfants et que la garde des enfants n’est pas garantie à la mère pour le moment. J’avoue qu’après avoir vu les yeux effrayés de Angie, 8 ans, lorsque son beau-père a poursuivi sa mère dans les escaliers… tout ce que je souhaite c’est que ces enfants vivent en sécurité avec de l’amour et de l’attention. N’est-ce pas ce que tout enfant sur la terre mérite lorsqu’il vient au monde?

Et j’ai rencontré la mère aujourd’hui… Il semble qu’elle a repris l’appartement. Elle semblait tellement résiliée… comme si rien ne s’était passé. J’en était même choquée de sa résilience. Comme si elle n’avait pas été secouée par cette situation. Lorsque je lui ai demandé comment allait les enfants, elle a répondu qu’elles étaient correctes, elles sont allées à l’école hier et aujourd’hui.

Mais j’ai des doutes, de gros doutes… Parce que la mère n’était pas sincère… Une impression, une petite voix me disait qu’elle cachait quelque chose… Et quand je suis redescendue dans le stationnement pour aller à l’épicerie, la voiture de l’homme était de retour… La voiture que j’ai décrite plusieurs fois aux policiers, celle que je craignais revoir. Lorsque je suis revenue de l’épicerie, un homme costaud se tenait à côté. Est-ce que c’était lui? Aucune idée… j’avais beaucoup trop la chienne pour regarder. J’ai monté les escaliers la tête baissé à une vitesse record… Cette histoire n’est pas terminée…

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On voit le feu de l’appartement…

Ce matin à 5h30 les flammes sont si intenses qu’on les voit de l’appartement (désolé mais les photos sont difficiles à prendre). Jusqu’à maintenant, en moins de 24 heures, le feu a brûlé 34 km carrés, environ deux fois et demi le parc du Mont-Royal… 400 maisons ont été évacuées et 1000 autres sont toujours menacées. Le feu est littéralement aux portes de ma petite communauté d’accueil, Moorpark. Par contre, notre complexe ne sera pas menacé puisque le brasier est de l’autre côté de la ville… il faudrait que la moitié de la ville brûle avant de brûler notre complexe.

Tous les éléments sont présents pour créer un feu incontrôlable: le vent chaud, sec et très puissant provenant du désert, ce qu’on appelle les vents de Santa Ana, les températures atteignant les 40 degrés Celsius et une humidité presque inexistante. Pour l’instant le feu qu’on a baptisé Guiberson Fire est maîtrisé à 10 % et continue de se diriger vers les collines de Moorpark, en directement de l’autoroute 118, l’artère principale de la vallée pour rejoindre Los Angeles. Le campus du Collège de Moorpark est fermé aujourd’hui. Le gouverneur Schwarzenegger a déclaré l’état d’urgence dans la région hier pour débloquer rapidement des fonds puisque le feu menace beaucoup de maisons.

Jusqu’à maintenant 600 pompiers tentent de maîtriser cette bête qui s’emballe dans les montagnes entre Fillmore et Moorpark, des collines majoritairement agricoles (avocats, olives et citrons). Beaucoup de ranchs se situent dans les collines aussi. D’ailleurs, on a mis sur pied un centre de crise pour accueillir les chevaux de la région. On croit que ce feu a été allumé par la combustion instantanée de foin souillé par des excréments d’animaux. C’est une situation qui arrive souvent dans la région avec des températures très chaudes et sèches.

Ce sera une situation à suivre dans les prochains jours… principalement pour s’assurer que nous ne devrons pas être évacués. Et on attend des températures au-dessus de 40 degrés aujourd’hui… ça ne risque pas d’aider à maîtriser les flammes.

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Témoin de violence conjugale…

J’étais préoccupée par les feux de cet après-midi… mais j’ai voulu tout de même vous raconter cette histoire…

Une triste histoire… une histoire digne des émissions sensationnalistes américaines du genre Cops… Mais cette fois-ci, j’étais présente, je dirais même plus… j’étais impliquée dans l’histoire plutôt que de la regarder passivement à la télévision.

Nous revenions d’une super fin de semaine à San Francisco. Un peu fatiguée, je suis restée à la maison pour me reposer. La porte-patio menant au balcon était entrouverte pour laisser passer le vent chaud et agréable du mois de septembre. J’entends alors des pneus crisser et des cris à l’extérieur dans le stationnement de notre complexe…

Je sors sur le balcon pour voir… Une femme dans une voiture se fait battre par un homme très violent et le tout devant deux petites filles qui crient “Mommy!!” terrorisées par la violence de la bataille… Je reste figée et Mathieu, en visite à la maison aussi… Des jeunes accourent mais ne font rien. Beaucoup de gens ont entendu les cris, personne n’appelle la police.

Soudainement, la voiture quitte le stationnement avec les deux adultes à bord, laissant les deux petites filles (5 ans et 8 ans que j’ai su plus tard) sur le trottoir en criant “Mommy!” La voiture disparaît… et mon coeur s’est littéralement déchiré en entendant les cris des petites filles…

Rapidement, je descends en bas pour voir si elles ne sont pas blessées… Je leur dis qu’elles peuvent venir chez-moi, qu’on voit le stationnement et qu’on verra lorsque maman reviendra… Mais elles étaient tellement effrayées, les pupilles dilatées, en état de choc… Je cours au bureau de gestion du complexe pour demander d’ouvrir l’appartement pour qu’à tout le moins les petites puissent être dans leur maison… On me dit d’appeler la police, qu’ils ne peuvent pas ouvrir à des enfants…

C’est donc ce que j’ai fait… sans réfléchir. J’aurais peut-être dû… Lorsque je reviens vers notre immeuble, la mère est là avec ses enfants, les yeux pleins d’eau, échevelée et couverte de bleus sur les bras. Je lui dit que j’ai téléphoné à la police… Sur le fait, la police arrive et la mère avec les deux filles se rendent au bureau de gestion du complexe avec la police. Inquiète, j’attends que la police quitte avant d’aller faire l’épicerie, craignant que la police veuille me parler. Mais la mère a décidé de ne pas porter plainte… Je lui dit que si elle a besoin de quelque chose, elle peut toujours venir cogner à mon appartement.

Je reviens de l’épicerie avec Véronique et Charles… La mère est là… Elle me demande si elle peut téléphoner. Elle entre avec ses deux puces. Je sers du jus et des biscuits aux enfants qui devaient avoir faim car il était passé 6 heures. Très tranquilles, elles s’assoient et dessinent sur la table à manger. La mère tente de joindre son père pour lui demander de l’argent pour faire venir un serrurier. Parce que la gérante du complexe a refusé d’ouvrir la porte de l’appartement à la mère… le bail n’est pas à son nom mais à celui de son mari, celui qui l’a frappé. Elle ne peut donc pas entrer chez elle.

Elle reste une heure et demi à la maison, en espérant pouvoir rentrer chez-elle. Comme nous allions manger, elle se sentait de trop… Elle quitte donc l’appartement avec mon téléphone pour appeler le serrurier. Soudainement, on entend tous une course dans les escaliers… Et la mère entre en flèche dans la maison, suivie par la petite de 8 ans; pourchassées par l’homme… grand, costaud… Il entre dans l’appartement en furie et crie “Get out of my house!” J’étais terrorisée… mais la petite de 5 ans était encore en bas. La mère en larmes criait d’aller la chercher… Charles voulait y aller mais j’avais peur que le gars prenne ça comme une menace… je voulais y aller mais Charles me retenait… Finalement, la petite monte tranquillement, à la limite nonchalamment jusqu’à l’appartement.

La mère appelle la police… Elle décide de porter plainte. Et l’homme quitte le stationnement dans un crissement de pneus sachant que la police s’en venait… Elle arrive rapidement la police. Prend la déposition de la mère, de la jeune fille de 8 ans qui comprenait trop bien ce qui se passait et de moi. Après tout ça, il était 10h. Les filles tombaient de sommeil mais je ne pouvais pas les héberger… et j’avais très peur que l’homme revienne.

Toute cette histoire pour dire qu’hier la police a quitté alors que deux enfants étaient dans la rue avec leur mère, battue… Le système américain ne les aidera pas… Pas de refuge, pas de centre de crise, surtout pas de DPJ… J’imagine que la situation n’était pas si urgente… J’étais vraiment sous le choc quand j’ai compris que la police allait laisser cette femme et ses enfants dans la rue sans aide alors que l’homme pourrait revenir et… j’aimais autant ne pas y penser.

Ce qui m’amène à penser que malgré tout ce que les gens peuvent en dire, dans des situations du genre, ces organismes font LA différence dans la vie de ces enfants, ne serait-ce que pour une nuit…

Hier, je leur ai ouvert l’immeuble où se trouve le gym, la buanderie et la salle de jeu… en espérant que les petites pourront dormir un peu sur le tapis de la salle de jeu. Je n’ai aucune nouvelles d’eux aujourd’hui… J’espère que les enfants vont bien.

MISE À JOUR 23 septembre 2009: Ce matin, le député shériff du comté de Ventura est venu nous voir… Il m’a donné son numéro direct dans sa voiture. Il nous a dit que le gars est recherché pour d’autres crimes, que ce n’est pas un enfant de coeur et qu’il en a fait assez pour retourner en dedans pour un bon bout. Le député shériff  (deuxième après le shériff) nous a avisé aussi de téléphoner si jamais on voit le gars dans le coin car il est dangereux. Il est toujours recherché par la police et elle espère bien mettre la main dessus rapidement. Toujours pas de nouvelles des enfants…

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